Licence commerciale ou freelance à Dubaï : pourquoi le code d’activité compte plus que le prix
Choisir sa licence à Dubaï ressemble à une formalité : on coche une activité dans une liste. C’est en réalité une décision de structure. Le code d’activité inscrit sur la licence sera relu par quatre acteurs qui ne se parlent jamais : la banque, les services d’immigration, l’administration fiscale (FTA) et, en Free Zone, les règles du 0 %. Bien choisi, il est invisible. Mal choisi, chacun des quatre le trouvera.
Cet article est un cadre général, pas une consultation. Chaque émirat et chaque Free Zone tient sa propre liste d’activités, et ces listes évoluent ; tout se vérifie pour votre projet précis.
Les types de licence
- Commerciale : négoce de marchandises (import, export, distribution, commerce de détail, e-commerce avec stock).
- Professionnelle : prestations de services (conseil, développement logiciel, design, ingénierie, formation).
- Industrielle : fabrication, assemblage, transformation, avec des exigences de locaux.
- Spécialisée : tourisme, santé, éducation, services financiers, immobilier et autres secteurs où l’accord d’un régulateur est un préalable, pas une formalité.
Sur le Mainland, la licence est délivrée par le département économique de l’émirat (à Dubaï, le Department of Economy and Tourism). En Free Zone, c’est le registre de la zone qui la délivre, avec sa propre liste. Une même activité peut correspondre à un code dans une zone, à deux dans une autre, et être absente d’une troisième. Pour choisir la zone : quelle Free Zone choisir.
Et la licence freelance ?
C’est la question que posent beaucoup de consultants, graphistes, développeurs ou coachs francophones. Plusieurs zones proposent une formule freelance destinée à une personne physique qui travaille seule. Elle peut convenir pour tester une activité, mais trois points se vérifient avant de la préférer à une société :
- la banque : ouvrir un compte professionnel au nom d’un freelance n’obéit pas à la même logique qu’au nom d’une société (voir le compte bancaire de société) ;
- l’évolution : embaucher, s’associer ou facturer de gros clients se fait plus naturellement à travers une société ;
- la fiscalité : l’impôt sur les sociétés et la TVA ont leurs propres règles pour les personnes physiques qui exercent une activité ; le seuil d’immatriculation obligatoire à la TVA reste de 375 000 AED d’opérations taxables sur 12 mois (seuils de la FTA).
Nous ne publions pas de prix pour les formules freelance : elles varient trop d’une zone à l’autre. Pour une vraie société, les ordres de grandeur sont ci-dessous.
Combien coûte une licence
Ordre de grandeur, selon les données de la société en septembre 2026, frais gouvernementaux en sus :
| Option | Licence (AED) | Remarque |
|---|---|---|
| Free Zones économiques de Dubaï (Meydan, IFZA) | à partir de 10 500 – 15 000 | flexi-desk et 1 visa souvent inclus |
| Free Zones haut de gamme (DMCC, DIFC) | à partir de 35 000 – 50 000+ | matières premières, finance, grosses structures |
| Mainland | licence et frais 15 000 – 30 000 | plus bureau obligatoire avec Ejari : 10 000 – 30 000 par an |
Certaines zones incluent plusieurs activités dans la licence de base, d’autres facturent chaque activité, et certaines refusent de combiner une activité professionnelle et une activité commerciale sur la même société. Budget complet de la première année : coût de création d’une société.
Où le code d’activité est relu
Par la banque. La conformité compare l’activité autorisée aux mouvements du compte. Une licence de conseil et des paiements de marchandises sur le relevé déclenchent des questions, puis, sans réponse, un blocage.
Par l’immigration. Le nombre de visas dépend de la zone et des locaux, mais certaines activités exigent plus d’espace ou du personnel qualifié. Sur le Mainland, chaque salarié a besoin d’un permis de travail du ministère des Ressources humaines (MOHRE) dont le coût va de 250 à 3 450 AED selon la catégorie de l’entreprise (conditions sur u.ae) ; en Free Zone, les salariés sont parrainés par l’administration de la zone.
Par la FTA pour la TVA. C’est la nature de l’opération qui détermine le taux (standard, zéro ou exonéré), mais l’activité autorisée est le premier document examiné si le classement est contesté. Voir la TVA à 5 %.
Par les règles du 0 % en Free Zone. Une Qualifying Free Zone Person ne paie 0 % que sur ses revenus qualifiants ; le reste est imposé à 9 % dès le premier dirham. Le test porte sur les contrats et les flux, pas sur l’intitulé de la licence, mais une licence qui ne couvre même pas le flux sera la première remarque de l’auditeur. Détail : le 0 % en Free Zone.
Un cas concret
Une société de logiciels en Free Zone vend des licences à des clients européens. Six mois plus tard, un client lui demande de fournir et de configurer des serveurs. La revente de matériel est une activité commerciale : elle n’est pas couverte par la licence professionnelle, elle crée un paiement de marchandises sur un compte « services », elle relève d’un autre traitement TVA et, si le client est sur le Mainland, elle compte dans le plafond des revenus non qualifiants (le plus faible de 5 millions d’AED ou de 5 % du chiffre d’affaires).
Le bon ordre :
- Décider si ce flux doit passer par cette société.
- Si oui, ajouter l’activité avant la première facture.
- Transmettre la licence modifiée à la banque la même semaine.
- Paramétrer le traitement TVA et, en Free Zone, mettre à jour l’analyse des revenus qualifiants.
Le mauvais ordre : facturer d’abord, expliquer ensuite.
Les activités réglementées
Santé, éducation, services financiers, services juridiques, courtage immobilier et plusieurs autres secteurs exigent l’accord du régulateur en plus de la licence. Le délai passe alors de quelques jours à plusieurs mois, avec des exigences de qualification, de capital et de locaux. Règle simple : si votre activité est réglementée en France, en Belgique ou en Suisse, partez du principe qu’elle l’est aussi aux Émirats.
Combien d’activités inscrire
Construisez la liste à partir de vos flux de revenus réels, pas de vos ambitions. Chaque code inutile se paie à chaque renouvellement. Une douzaine de codes « pour plus tard », c’est une dépense récurrente pour rien.
Modifier le code plus tard
Ajouter ou changer une activité passe par une modification de la licence, avec les frais de la zone, que nous vérifions pour la zone concernée. Ce n’est pas cher en soi. Ce qui coûte, c’est l’intervalle entre l’apparition d’un nouveau flux sur le compte et l’arrivée de la licence modifiée à la banque : c’est dans cet intervalle que les comptes sont bloqués.
Nous choisissons les codes avec vous au moment de la création de société ; pour le parcours complet, voir créer une société à Dubaï. Première consultation gratuite.
Questions fréquentes
Licence freelance ou société : que choisir pour démarrer seul ?
La formule freelance peut suffire pour tester une activité. Dès que vous avez besoin d’un compte bancaire solide, de salariés ou de gros clients, la société est généralement plus adaptée. Nous comparons les deux pour votre activité.
Peut-on exercer deux activités très différentes avec une seule licence ?
Parfois, selon la zone et la compatibilité des activités. Souvent, la solution la plus propre est de créer deux sociétés.
Le code d’activité détermine-t-il ma TVA ?
Non, c’est la nature de l’opération. Mais le code est le premier document examiné si le classement est contesté : il doit donc correspondre.
Que faire si un client demande une prestation que ma licence ne couvre pas ?
Ajouter l’activité avant de facturer, ou faire passer la prestation par une société autorisée à l’exercer. « Facturer et régulariser après » n’est pas une troisième option.
