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Gratuity à Dubaï : calcul de l’indemnité de fin de service (2026)

Mis à jour 8 min de lecture
Domaine suivi parEhab Mohamedconsultant senior en contentieux
Employée quittant le bureau avec un carton d’affaires personnelles
Photo: Vitaly Gariev / Unsplash
Sommaire13
  1. Gratuity à Dubaï : comment se calcule l’indemnité de fin de service
  2. La formule fédérale s’applique-t-elle à vous ?
  3. La formule de l’article 51
  4. « Base » ne veut pas dire « package »
  5. Trois calculs
  6. Démission : pas de réduction dans l’article 51
  7. Ce que doit contenir le solde de tout compte
  8. Côté employeur : combien provisionner
  9. Le plan d’épargne volontaire
  10. Au DIFC : le plan DEWS
  11. Et la France ?
  12. Si l’indemnité n’est pas versée
  13. Questions fréquentes

Gratuity à Dubaï : comment se calcule l’indemnité de fin de service

Un salarié étranger du secteur privé aux Émirats, qui a travaillé au moins un an sans interruption pour le même employeur, a droit à une indemnité de fin de service, la gratuity, quand le contrat prend fin. Elle se calcule sur le salaire de base uniquement : 21 jours par année pour chacune des cinq premières années, 30 jours pour chaque année au-delà, au prorata pour l’année incomplète, dans la limite de deux ans de rémunération. L’employeur doit la verser, avec tout le reste du solde, dans les 14 jours suivant la fin du contrat.

La formule tient en une phrase. L’argent se perd ailleurs : dans ce qui compte comme « salaire de base », dans les jours qui comptent comme ancienneté et dans ce que l’employeur retient. Que vous soyez salarié à Dubaï ou dirigeant d’une société qui embauche, les règles sont les mêmes — seul le point de vue change.

Cet article est un cadre général, pas une consultation juridique. Le montant dépend de votre contrat, du régime de votre employeur et de votre historique, et le droit des Émirats évolue. Nous faisons le calcul sur vos documents.

La formule fédérale s’applique-t-elle à vous ?

Les règles ci-dessous viennent du Federal Decree-Law No. 33 of 2021 sur les relations de travail, articles 51 à 53. Vérifiez d’abord votre situation :

  • employeur sur le Mainland ou dans la plupart des Free Zones : la formule fédérale s’applique ;
  • employeur au DIFC : pas de gratuity légale depuis le 1er février 2020, mais des cotisations mensuelles à un plan d’épargne (voir plus bas) ;
  • employeur à l’ADGM : régime propre, non traité ici ;
  • ressortissant des Émirats : les droits relèvent de la législation sur les pensions, pas de l’article 51 ;
  • employeur affilié au plan d’épargne volontaire : vous touchez le solde du fonds, pas la formule.

Où se situe votre employeur, c’est aussi ce qui détermine à qui vous adresser en cas de litige.

La formule de l’article 51

Ancienneté continueJours de salaire de base par année
moins d’un anaucune indemnité
de la 1re à la 5e année21 jours par année
chaque année au-delà de la 5e30 jours par année
dernière année incomplèteau prorata, à condition d’avoir au moins un an
plafondle total ne peut dépasser deux ans de rémunération

Le taux journalier. La loi compte le mois pour 30 jours et l’année pour 365 (article 67). Le salaire journalier de base est donc le salaire mensuel de base divisé par 30. Les calculateurs en ligne arrondissent parfois autrement : quelques dirhams d’écart sont normaux, des milliers signalent une erreur de base.

« Base » ne veut pas dire « package »

La loi distingue le salaire de base (basic wage), c’est-à-dire le salaire fixé au contrat sans indemnités ni avantages en nature, et la rémunération (wage), qui y ajoute les indemnités en espèces. La gratuity se calcule sur le salaire de base seul : logement, transport, charges et autres indemnités en sont exclus.

C’est la surprise la plus fréquente pour un cadre français habitué à raisonner en brut annuel. Une offre « 6 000 AED de base + 14 000 AED d’indemnités » représente un package de 20 000 AED par mois, mais une base de gratuity de 6 000 AED. Si vous négociez une offre, cette répartition compte plus que presque tout le reste.

Trois calculs

Trois ans et demi. Salaire de base 10 000 AED, pas de congé sans solde.

  1. Taux journalier : 10 000 / 30 = 333,33 AED.
  2. Une année : 21 × 333,33 = 7 000 AED.
  3. 3,5 années : 7 000 × 3,5 = 24 500 AED.

Sept ans. Salaire de base 15 000 AED.

  1. Taux journalier : 15 000 / 30 = 500 AED.
  2. Cinq premières années : 5 × 21 × 500 = 52 500 AED.
  3. 6e et 7e années : 2 × 30 × 500 = 30 000 AED.
  4. Total : 82 500 AED.

Le plafond de deux ans de rémunération est loin : calculé sur le seul salaire de base, il ne serait atteint qu’après environ 26 ans d’ancienneté.

Treize mois, et rien. Le contrat a duré 1 an et 1 mois, dont 60 jours de congé sans solde. Les jours non payés ne comptent pas dans l’ancienneté (articles 51 et 33) : il reste 11 mois, moins d’un an. Aucune indemnité n’est due, pas même au prorata.

Démission : pas de réduction dans l’article 51

Beaucoup de forums d’expatriés citent encore une gratuity réduite au tiers ou aux deux tiers en cas de démission. Le texte actuel de l’article 51 ne prévoit pas de tels coefficients : le droit dépend de l’ancienneté et du salaire de base, pas de qui a mis fin au contrat. Si votre employeur applique une réduction, demandez-lui sur quelle disposition il s’appuie.

Calculatrice et stylo sur un carnet
Photo: Recha Oktaviani / Unsplash

Ce que doit contenir le solde de tout compte

  • le salaire des jours travaillés le dernier mois ;
  • le préavis, de 30 à 90 jours selon le contrat, ou l’indemnité qui le remplace s’il n’est pas effectué ;
  • les congés annuels non pris, payés sur le salaire de base, avec le prorata de l’année en cours (article 29) : 12 jours non pris sur une base de 10 000 AED font 4 000 AED, en plus de la gratuity ;
  • la gratuity ;
  • ce que prévoient le contrat ou la politique de l’entreprise : prime, billet d’avion.

Le tout est dû dans les 14 jours suivant la fin du contrat (article 53). L’employeur peut retenir les sommes dues par le salarié en vertu de la loi ou d’un jugement (article 51) ; le détail des retenues admises figure dans le règlement d’application, et toute retenue « pour frais de visa » ou « pour formation » sans base légale ou contractuelle mérite d’être contestée.

Côté employeur : combien provisionner

Si vous dirigez une société à Dubaï, la gratuity est une dette qui grossit chaque mois. Une règle simple découle de la formule : 21 jours de base par an, c’est 21/30 d’un mois de salaire de base, soit, réparti sur douze mois, environ 5,83 % du salaire de base mensuel à provisionner chaque mois ; au-delà de cinq ans, 30 jours par an, soit environ 8,33 %. Pour un salarié à 12 000 AED de base, deux ans d’ancienneté représentent 2 × 21 × 400 = 16 800 AED. Ce n’est pas un hasard si ces pourcentages sont exactement ceux du plan d’épargne ci-dessous.

Le plan d’épargne volontaire

Depuis 2023, l’employeur peut remplacer la gratuity classique, pour tout ou partie de son personnel, par des versements à un fonds agréé (décision du Cabinet n° 96 de 2023, décision ministérielle n° 668 de 2023). Selon le portail officiel u.ae :

  • l’employeur verse chaque mois 5,83 % du salaire de base pour une ancienneté de moins de cinq ans, 8,33 % au-delà ;
  • les versements sont dus dans les 15 jours du début de chaque mois ;
  • la gratuity acquise avant l’adhésion est calculée et réglée selon la loi ;
  • le salarié peut ajouter des versements volontaires jusqu’à 25 % de sa rémunération ;
  • à la fin du contrat, il reçoit l’ensemble dans les 14 jours.

Le dispositif couvre le secteur privé et les Free Zones.

Au DIFC : le plan DEWS

Le DIFC a sa propre loi sur l’emploi (loi DIFC n° 2 de 2019). Depuis le 1er février 2020, l’employeur y cotise à un plan d’épargne (DEWS ou équivalent) : 5,83 % du salaire de base mensuel pendant les cinq premières années, 8,33 % ensuite (FAQ des DIFC Courts). Une ancienneté antérieure à cette date peut encore ouvrir droit à une gratuity pour la période précédente. Les délais pour réclamer le solde y sont plus courts qu’au niveau fédéral. Sur les centres financiers : DIFC ou ADGM.

Et la France ?

La gratuity n’est pas une cotisation retraite. Vos droits à la retraite et à la protection sociale pendant l’expatriation se vérifient auprès des organismes français, et le traitement fiscal de l’indemnité dépend de votre résidence fiscale l’année du versement : voir résidence fiscale à Dubaï et, pour la suite, votre conseiller fiscal en France.

Si l’indemnité n’est pas versée

  1. Passé le délai de 14 jours, adressez une mise en demeure écrite avec votre propre calcul.
  2. Ne signez pas un « full and final settlement » pour un montant inférieur à votre calcul.
  3. Saisissez le MOHRE (ligne gratuite 80084). Sans règlement amiable dans les 14 jours, l’affaire va au tribunal. Le MOHRE rend lui-même des décisions définitives pour les demandes inférieures à 50 000 AED, et les demandes des salariés jusqu’à 100 000 AED sont exonérées de frais de justice.
  4. Surveillez le délai de prescription : deux ans à compter de la fin de la relation de travail selon la rédaction actuelle de la loi, formulation que nous vérifions avant toute action.

La carte complète des recours : litiges du travail à Dubaï. Nous pouvons vous représenter : accompagnement juridique.

Questions fréquentes

La gratuity se calcule-t-elle sur mon salaire total ?

Non. Sur le dernier salaire de base, hors indemnités de logement, de transport et autres.

Ai-je droit à la gratuity si je démissionne après 18 mois ?

Oui. Avec plus d’un an d’ancienneté continue, vous recevez 21 jours de base par année, au prorata pour les six mois supplémentaires, quel que soit celui qui a mis fin au contrat.

Le congé sans solde réduit-il la gratuity ?

Oui. Les jours non payés ne comptent pas dans l’ancienneté, ce qui réduit le montant et peut vous faire passer sous le seuil d’un an.

Quand l’employeur doit-il payer ?

Dans les 14 jours suivant la fin du contrat, avec le salaire, les congés et les autres sommes dues.

J’embauche mon premier salarié : dois-je prévoir la gratuity dès le premier jour ?

Oui, dans vos comptes : le droit naît après un an, mais il se calcule sur toute l’ancienneté. La procédure d’embauche elle-même : visa de travail à Dubaï.

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