Visa de travail à Dubaï : comment embaucher un salarié étranger
Aux Émirats, personne ne travaille sans permis de travail, et aucun employeur n’embauche sans lui : c’est l’article 6 du Federal Decree-Law No. 33 of 2021, la loi fédérale du travail. Le « visa de travail » que l’on cherche en ligne est en réalité une chaîne de trois documents : le permis de travail, délivré par le ministère du Travail (MOHRE) pour une société du Mainland ou par l’autorité de la zone pour une société de Free Zone ; puis le visa de résident ; puis l’Emirates ID. C’est l’employeur qui demande et qui paie. Cet article s’adresse d’abord à vous si votre société à Dubaï recrute, et il répond au passage aux questions du salarié français qui s’y installe.
Pour votre propre visa de fondateur ou d’investisseur, voyez plutôt le visa de résident par la société.
Cet article est un cadre général, pas une consultation. Les procédures et les frais varient selon l’émirat, la zone, la catégorie de la société et celle du salarié, et changent par décision ministérielle. Chaque embauche s’examine à part.
Première question : où votre société est-elle immatriculée ?
| Régime | Qui délivre le permis | Quel droit du travail |
|---|---|---|
| Mainland | MOHRE | loi fédérale n° 33 de 2021 |
| Free Zone | l’autorité de la zone, qui parraine le salarié | règles de la zone ; le contrat doit rester conforme à la loi du travail |
| DIFC | le système du DIFC | loi DIFC sur l’emploi n° 2 de 2019 |
Tout le reste — documents, frais, fin du contrat — dépend de cette réponse. Il n’existe pas, en revanche, de « visa de travail pour Français » distinct : les conditions publiées par le portail officiel ne dépendent pas de la nationalité. Ce qui demande du temps côté France, ce sont les diplômes à légaliser.
Sur le Mainland : ce que vérifie le MOHRE
Selon le portail officiel u.ae, le permis n’est délivré que si :
- le salarié a au moins 18 ans (sauf permis pour adolescents et étudiants) ;
- le poste correspond à l’activité inscrite sur la licence ;
- la licence est valide et sans infraction ;
- les professions réglementées (médecin, pharmacien, enseignant…) ont l’agrément de l’autorité du secteur ;
- la demande est déposée par une personne habilitée à représenter la société.
Le MOHRE peut refuser, ne pas renouveler ou annuler des permis si les documents sont inexacts, si la société est fictive ou si elle ne respecte pas le système de protection des salaires (WPS). Les sociétés ayant commis certaines infractions listées par la décision ministérielle n° 543 de 2022, notamment sur le logement des salariés, sont privées de nouveaux permis pour une durée déterminée.
Prix d’un visa de travail : ce que paie l’employeur
Le MOHRE classe les sociétés en catégories A, B et C selon leur respect de la loi du travail, du WPS, des décisions du ministère et de la politique de diversité ; une société avec des antécédents d’infractions se retrouve en C. Les frais de délivrance ou de renouvellement du permis vont de 250 à 3 450 AED selon la catégorie (décision du Cabinet n° 21 de 2022 modifiée par la n° 37 de 2022).
S’y ajoutent l’autorisation d’entrée, la visite médicale, l’Emirates ID et le visa, aux tarifs des autorités d’immigration ; nous les chiffrons à la date du dépôt. La loi met à la charge de l’employeur le visa d’entrée, le voyage vers les Émirats, la visite médicale et la résidence. Ces frais ne peuvent pas être répercutés sur le salarié, ni retenus sur son salaire.
Les démarches pour recruter depuis l’étranger
- L’offre d’emploi MOHRE. L’employeur émet l’offre sur le formulaire standard du ministère ; les deux parties la signent. Le candidat peut en vérifier l’authenticité auprès du MOHRE.
- Les documents du candidat. Photo couleur sur fond blanc, passeport valable au moins six mois, diplômes légalisés si le niveau du poste l’exige, agrément pour les professions réglementées. Pour un diplôme français, prévoyez la chaîne de légalisation dès le départ : voir légalisation de documents.
- Le permis de travail. Pour un recrutement depuis l’étranger, il est délivré pour deux ans ; selon le portail officiel, un nouveau permis prend en général environ cinq jours calendaires.
- L’entrée. Le permis autorise le salarié à entrer et à séjourner deux mois, le temps pour l’employeur de finaliser la résidence.
- Visite médicale et biométrie pour l’Emirates ID, dans des centres agréés.
- Le contrat de travail sur le formulaire du MOHRE, signé et enregistré (formulaires fixés par la décision ministérielle n° 46 de 2022).
- Le visa de résident et l’Emirates ID, valables un ou deux ans selon le contrat.
La plateforme publique Work Bundle regroupe l’essentiel : permis, visas, visite médicale et biométrie dans un seul canal.
Le salarié est déjà aux Émirats ? Le type de permis change : transfert depuis un autre employeur, résident sous visa familial, titulaire d’une Golden Visa, temps partiel. Le MOHRE délivre 13 types de permis au total.
Durée : ce qu’il faut retenir
| Document | Durée |
|---|---|
| Permis pour recrutement depuis l’étranger | 2 ans |
| Délai habituel d’un nouveau permis | environ 5 jours calendaires |
| Séjour autorisé après l’entrée, avant la résidence | 2 mois |
| Visa de résident | 1 ou 2 ans selon le contrat |
Le piège classique : laisser filer les deux mois après l’entrée en repoussant la visite médicale et l’Emirates ID.

La paie passe obligatoirement par le WPS
Tout employeur enregistré au MOHRE paie les salaires par le WPS, via des banques, bureaux de change ou établissements agréés par la Banque centrale. Depuis la décision ministérielle n° 340 de 2026, le salaire du mois précédent est dû le 1er de chaque mois, et au moins 85 % de la masse salariale due doit être versée à temps. Des mesures graduées s’appliquent dès le deuxième jour de retard (u.ae, paiement des salaires). Comme le non-respect du WPS bloque les nouveaux permis, un raccourci sur la paie aujourd’hui devient un gel des embauches demain.
L’émiratisation vous concerne-t-elle ?
Selon le portail officiel (mise à jour du 12 août 2026), pour le secteur privé :
| Taille de la société | Obligation | Coût du non-respect |
|---|---|---|
| 50 salariés et plus | +2 % de ressortissants émiriens sur les postes qualifiés chaque année, 10 % en 2026 | depuis 2023, 6 000 AED par mois et par ressortissant manquant, +1 000 AED chaque année jusqu’en 2026 |
| 20 à 49 salariés, dans 14 secteurs listés | un ressortissant embauché avant fin 2024, un second avant fin 2025 | 96 000 AED (janvier 2025) et 108 000 AED (janvier 2026) |
En dessous de 20 salariés, aucun quota n’est publié. Les objectifs au-delà de 2026 se vérifient à la date. Ces règles visent en pratique les sociétés enregistrées au MOHRE ; leur application à une société de Free Zone s’examine au cas par cas. L’émiratisation fictive, sur le papier, est sanctionnée séparément.
Free Zone et DIFC : ce qui change
- En Free Zone, l’autorité de la zone délivre permis et visa et parraine le salarié ; les relations de travail suivent les règles de la zone, avec un contrat conforme à la loi fédérale.
- Le quota de visas dépend de la zone et du local (flexi desk, bureau, grand bureau) : vérifiez-le avant de choisir le forfait. Voir flexi desk ou bureau.
- Au DIFC s’applique la loi DIFC n° 2 de 2019, avec ses propres tribunaux et, à la place de l’indemnité de fin de service, un plan d’épargne mensuel. Le calcul fédéral est détaillé dans gratuity à Dubaï.
Côté salarié français : l’impôt ne suit pas le visa
Un visa de résident ne suffit pas à cesser d’être résident fiscal en France. L’article 4 B du CGI retient des critères alternatifs : si le foyer reste en France, par exemple parce que la famille n’a pas suivi, la résidence française peut subsister même si le salarié passe l’essentiel de l’année à Dubaï. Protection sociale et retraite pendant l’expatriation se vérifient auprès des organismes français. Le cadre fiscal : résidence fiscale à Dubaï.
Les erreurs d’employeur que nous voyons
- L’intitulé du poste ne correspond pas à l’activité de la licence.
- Une partie du salaire versée hors WPS.
- Les frais de visa retenus sur le salaire, ce qui est interdit.
- Au départ du salarié, permis et visa non annulés à temps. Et en cas de conflit : litiges du travail.
Questions fréquentes
Peut-on commencer à travailler avec un visa touristique en attendant les papiers ?
Non. Travailler sans permis du MOHRE ou de la zone est illégal, et les sanctions visent l’employeur comme le salarié.
Combien coûte un visa de travail à Dubaï ?
Le permis du MOHRE coûte de 250 à 3 450 AED selon la catégorie de la société. S’ajoutent l’autorisation d’entrée, la visite médicale, l’Emirates ID et le visa, aux tarifs des autorités d’immigration. Tout est à la charge de l’employeur.
Quelle est la durée d’un visa de travail ?
Le permis de recrutement depuis l’étranger vaut deux ans ; le visa de résident, un ou deux ans selon le contrat.
Une start-up de 12 personnes est-elle soumise aux quotas d’émiratisation ?
Les quotas publiés commencent à 20 salariés dans les secteurs listés et à 50 salariés pour tous. Pour l’organisation complète de vos recrutements : visas et résidence.
